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Six sorties culturelles pour aller à la rencontre des peuples autochtones

Le Mois national de l’histoire autochtone, célébré chaque année en juin, constitue une occasion privilégiée de découvrir la richesse des cultures des Premières Nations, des Inuit et des Métis.


Publié le : 2 juin 2026

Mais au-delà des commémorations, de nombreuses initiatives culturelles permettent aujourd’hui de créer de véritables espaces de rencontre, d’écoute et de dialogue.

À Québec et dans ses environs, plusieurs événements invitent le public à découvrir des œuvres, des savoirs et des perspectives autochtones contemporaines. Voici six propositions pour nourrir sa curiosité, élargir son regard et aller à la rencontre de celles et ceux qui façonnent les cultures autochtones d’aujourd’hui.

KWE! : un grand rendez-vous de rapprochement

Depuis 2017, le festival KWE! À la rencontre des peuples autochtones est devenu l’un des événements incontournables de la région de Québec. Gratuit et ouvert à tous, il rassemble les 11 nations autochtones du Québec dans un esprit de partage et de dialogue. La prochaine édition se tiendra du 12 au 14 juin 2026, à la place Jean-Béliveau.

Au programme : spectacles musicaux, démonstrations de savoir-faire traditionnels, ateliers, conférences, rencontres avec des artistes et des porteurs de savoirs, ainsi que de nombreuses activités familiales. L’événement offre une occasion rare de découvrir la diversité des réalités autochtones contemporaines dans une atmosphère festive et accueillante.

À une époque où plusieurs cherchent des occasions concrètes de rapprochement entre Autochtones et allochtones, KWE! démontre qu’il est possible de créer des espaces de rencontre où l’apprentissage se fait naturellement, à travers l’art, la parole et l’expérience partagée.

Sous l’aile du Corbeau avec Raven Mother

Le 9 juin prochain, la Salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre accueillera Raven Mother, la plus récente création de la compagnie autochtone de danse contemporaine Dancers of Damelahamid. Présenté en collaboration avec La Rotonde, le Grand Théâtre et KWE!, le spectacle rend hommage à Margaret Harris, figure marquante de la transmission des traditions artistiques des Premières Nations de la côte Nord-Ouest.

Portée par plusieurs membres d’une même famille, cette œuvre multidisciplinaire mêle danse, chant, régalia, sculpture et projections visuelles. Le corbeau, figure centrale du récit, devient symbole de transformation, de résilience et de transmission culturelle.

Plus qu’un spectacle, Raven Mother propose une immersion dans une culture vivante qui continue de se réinventer. L’œuvre rappelle avec force que les traditions ne sont pas figées dans le passé : elles évoluent, se transmettent et inspirent de nouvelles formes de création. (Crédit photo : Michael Slobodian)

Spectacle Raven Mother - danseur avec masque

Une soirée d’écoute et d’apprentissage à la Maison Girardin

Le 27 juin, la Société d’art et d’histoire de Beauport présentera la première édition d’Une nuit à la Maison, une activité spécialement conçue pour les adultes souhaitant approfondir leur compréhension des réalités autochtones.

L’événement se distingue par sa formule intimiste. La soirée s’ouvrira avec une rencontre en compagnie de Mélanie Savard, enseignante et porteuse de savoirs de la nation wendat, qui abordera notamment les liens historiques qui unissent les habitants du territoire du Nionwentsïo.

Le public sera ensuite invité à participer à un atelier de perlage animé par l’artiste wolastoqey Maïthé Boivin. Cette activité permettra de découvrir non seulement une pratique artistique importante au sein de plusieurs Premières Nations, mais également les significations culturelles qui l’accompagnent.

La soirée se conclura par la projection du documentaire Ninan Auassat : Nous les enfants, de la cinéaste abénakise Kim O'Bomsawin, une œuvre touchante qui donne la parole à des jeunes Autochtones du Québec confrontés aux héritages de la colonisation tout en portant leurs rêves vers l’avenir.

Entre transmission de savoirs, création artistique et réflexion sur la réconciliation, cette activité offre un cadre privilégié pour approfondir sa compréhension des réalités autochtones contemporaines.

Quand l’art parle d’amour et de décolonisation

Jusqu’au 14 juin, le centre d’artistes Ahkwayaonhkeh, situé dans Méduse, présente E Sakihiwet, une exposition de l’artiste atikamekw Catherine Boivin.

À travers la photographie, la vidéo, l’installation et la performance, l’artiste aborde des thèmes rarement explorés dans les représentations des peuples autochtones : la sexualité, le désir, les critères de beauté et les relations amoureuses avant l’arrivée des missionnaires européens.

L’exposition propose une réflexion à la fois intime et politique sur les héritages coloniaux qui ont transformé les rapports au corps et à l’identité. Une tente évoquant les récits ancestraux, des portraits nus brodés de motifs traditionnels et des témoignages recueillis auprès de personnes autochtones composent un parcours sensible où l’amour devient aussi un geste de guérison.

Par son approche décomplexée et profondément humaine, E Sakihiwet contribue à déconstruire certains stéréotypes persistants tout en offrant un espace d’affirmation culturelle.

Redécouvrir Évangéline à travers un regard autochtone

Parmi les grandes productions estivales à surveiller figure également Évangéline, qui revisite le célèbre récit acadien en accordant une place significative aux personnages autochtones.

La présence de Hanoah, une médecin mi’kmaq qui accompagne les protagonistes dans leur parcours, rappelle les liens historiques entre les peuples autochtones et les Acadiens. La production bénéficie également de la participation de l’artiste wendate Aroussen Gros-Louis, qui signe les chorégraphies des danses autochtones et prend part au spectacle comme interprète. Une artiste d’ici qui fait hautement briller la culture autochtone par-delà les frontières de la province.

Cette collaboration permet d’inscrire plus pleinement les peuples autochtones dans un récit historique souvent raconté du seul point de vue acadien. Une manière de redécouvrir une œuvre emblématique sous un angle plus inclusif et plus fidèle à la complexité de l’histoire du territoire.

À voir au Grand Théâtre en septembre prochain. (Crédit photo : Annie Diotte)

Spectacle Évangéline

Une salon comme une rencontre

Chaque édition du Salon du livre des Premières Nations trace un pont entre les nations, entre les langues, entre ceux qui écrivent et ceux qui écoutent. On y vient pour découvrir la vitalité d’une littérature autochtone plurielle, mais aussi pour dialoguer. La prochaine édition n’a encore rien dévoilé de sa programmation puisqu’il est encore tôt et que le tout aura lieu vers la fin novembre, mais vous pouvez déjà garder en tête de mettre à votre horaire, entre novembre et décembre 2026, du temps pour plonger dans la littérature autochtone et ses mille visages. 

Les peuples autochtones ne se résument ni à l’histoire ni au patrimoine. Ils créent, innovent, réfléchissent et transforment le paysage culturel contemporain. Parfois, il suffit simplement de franchir la porte d’un théâtre, d’une galerie ou d’un lieu de rassemblement pour découvrir des histoires que l’on croyait connaître… et en entendre enfin de nouvelles. Bonnes découvertes!