Les Rendez-vous ès TRAD : célébrer le patrimoine vivant

Cette année marque les 35 ans des Rendez-vous ès TRAD! Reconnu pour ses activités rassembleuses et ses prestations artistiques originales, le festival investit encore cette année le Domaine de Maizerets. Du 8 au 12 octobre 2026, venez vous aussi prendre part à la fête et célébrer le patrimoine!


Publié le : 31 août 2026

Pour leur 35e édition, Les Rendez-vous ès TRAD vous proposent une programmation vibrante et très variée : chanson, conte, musique, danse trad, filage, veillées participatives, ateliers, causeries, apéros, et plus encore.

Les activités phares du festival, dans lesquelles les artistes sont mis au défi, sont de retour. Ne manquez pas la Joute chantée, un match d’impro à coup de chansons traditionnelles, et les Trios éphémères, un spectacle inédit où se mélangent les artistes de la programmation! Vous êtes aussi invités à profiter encore une fois cette année de la beauté du site extérieur du Domaine de Maizerets avec la Randonnée chantée.

Randonnée chantée, un groupe de personnes marchent en forêt

Le festival présente également une nouveauté : deux classes de maître en collaboration avec Première Ovation. Une classe de maître en filage avec Ksénia Kiseleva vous permettra de découvrir et de mettre en pratique les techniques de filage au fuseau et au rouet, tandis qu’une classe de maître en violon traditionnel avec Laura Risk sera l’occasion d’apprendre deux pièces du répertoire de la musique traditionnelle québécoise.

Le patrimoine vivant est par définition rassembleur. Il se transmet d’une génération à l’autre au sein de la collectivité, et tous, jeunes ou moins jeunes, peuvent y prendre part. Ce n’est pas pour rien que beaucoup d’événements du festival sont participatifs, comme les soirées de jam, lors desquelles vous êtes invités à amener vos propres instruments de musique!

Pour vous en apprendre davantage sur cette 35e édition du festival et vous donner envie d’y prendre part, nous avons posé quelques questions à Cassandre Lambert-Pellerin, directrice des communications et des partenariats chez ès TRAD.

Qu’est-ce qui explique que le festival fasse une si belle place à la participation du public dans ses activités?

La participation du public est vraiment au cœur de la logique même du patrimoine vivant, parce qu’au final ce sont des arts traditionnels qui se transmettent de génération en génération et qui se transmettent au contact des porteurs et porteuses de tradition, avec des personnes qui sont intéressées à découvrir.

Cette transmission-là, qui passe par le contact, par la rencontre, c’est un peu la pierre angulaire de la transmission, et c’est dans cette logique-là que le public est autant amené à participer dans le festival.

Les arts traditionnels ne sont pas dans les écoles, au conservatoire de musique par exemple on n’enseigne pas de musique traditionnelle québécoise, alors que ça pourrait tout à fait avoir sa place. Il y a donc cette idée-là que la musique traditionnelle est un peu en marge. Ça nous amène à devoir créer d’autres réseaux, à devoir trouver les futurs porteurs et porteuses de tradition qui vont s’impliquer dans le milieu. Les festivals sont vraiment des endroits de choix pour créer ces rencontres-là.

De plus, dans une veillée de danse, par exemple, qui est une activité très participative, où il y a les artistes professionnels, la calleuse, les musiciennes et musiciens, eh bien s’ils sont seuls et que le public est assis, ce ne serait pas une veillée de danse! Les danseurs et danseuses sont un élément essentiel tout comme les porteurs et porteuses de tradition. C’est vraiment un tout! 

Est-ce qu’on peut dire qu’en participant à une activité du festival, on contribue nous aussi au développement du patrimoine vivant?

En participant à une activité du festival, on contribue tout à fait au développement du milieu du patrimoine vivant et des arts traditionnels. On entre en contact avec des porteurs et porteuses de tradition, on va découvrir des choses. L’ouverture et la découverte sont à la base de la transmission.

Souvent, des gens nous demandent pourquoi on ne connaît pas les arts traditionnels, pourquoi on a moins ça dans notre quotidien qu’avant. Effectivement, les arts traditionnels jouent un rôle différent dans notre quotidien maintenant comparativement à il y a 100 ou 200 ans. Cela n’exclut pas le fait qu’ils peuvent continuer à jouer un rôle dans le côté social.

Le patrimoine vivant est transmis de génération en génération et se recrée en permanence. Si on veut que les savoir-faire continuent à vouloir dire quelque chose pour les générations qui suivent, il faut qu’ils évoluent et se développent au gré du quotidien. Ça a beau être des éléments qui viennent d’il y a longtemps, ils se recréent toujours, car c’est vraiment d’une personne à personne que le patrimoine se transmet.

Je pense que c’est ça la beauté du patrimoine vivant, on sort d’une logique de consommation de la culture, on veut que tout le monde devienne acteur et actrice de sa propre culture, que tout le monde puisse la vivre. Ça permet de créer une communauté qui est sur un pied d’égalité. On est dans une logique qui est très communautaire et fabuleuse.

Le festival propose pour la première fois des classes de maître en collaboration avec Première Ovation. Peux-tu nous en dire davantage sur cette nouveauté? À qui s’adressent ces classes de maître?

D’abord, on est super contents de pouvoir collaborer avec Première Ovation pour ces classes de maître. C’est vraiment une belle façon de pouvoir encourager la relève autant en musique qu’en métiers d’art. C’est quelque chose qu’on essaie de faire de plus en plus, autant dans notre festival que dans notre programmation annuelle. Nos activités sont souvent des initiations grand public, qui permettent aux gens intrigués d’essayer. Mais là, avec la notion de classe de maître, on s’est dit que puisque ça fait 45 ans qu’on offre ce type d'initiation, pourquoi est-ce qu’on ne commencerait pas à offrir davantage d’activités plus approfondies pour les personnes qui savent déjà comment filer, qui jouent déjà du violon et qui ont envie d’aller plus loin?

C’est merveilleux parce qu’on a la chance d’avoir des porteurs et porteuses de tradition exceptionnels, et on voulait leur donner l’occasion de transmettre leurs connaissances sous une forme plus longue. Par exemple, notre classe de maître en filage dure toute la journée et va vraiment permettre aux gens d’explorer les différentes étapes de ce savoir-faire qui gagne en popularité. Ce sera l’occasion de prendre le temps de montrer toutes les étapes de création avec le rouet et ce sera super intéressant.

Évidemment, puisque ce sont des classes de maître avec Première Ovation, elles s’adressent principalement aux personnes de 35 ans et moins qui habitent à Québec, mais on a aussi quelques places pour les personnes de 36 ans et plus, qu’elles habitent à Québec ou pas, et qui vont permettre de beaux échanges.

Le festival fête ses 35 ans, mais c’est aussi le 45e anniversaire du Centre de valorisation du patrimoine vivant! Le vendredi 9 octobre, un 5 à 7 est d’ailleurs organisé pour souligner cet anniversaire et échanger des souvenirs marquants. Est-ce que tu as pu constater beaucoup de changements au fil du temps? 

Eh oui, 45 ans pour l’organisme et 35 ans pour le festival! Moi et ma collègue Kathleen, on est à la tête de l’organisme depuis 10 ans, donc c’est un autre anniversaire à ajouter sur la pile! Effectivement, on a pu constater plusieurs changements au fil du temps.

Au début, l’organisme s'appelait Les Danseries de Québec, c’était vraiment autour de la danse à la base. Ensuite, il y a eu une offre de cours, avec des profs qui venaient de Montréal pour enseigner. Il y avait vraiment une grosse effervescence dans les années 1980.

Par après, il y a eu des vagues, qui étaient souvent en lien avec des enjeux d’espace. Pendant la saison 2019-2020, c’est moi qui faisais la porte lors des veillées de danse, et j’ai le souvenir d’avoir dû refuser des gens parce que la salle qu’on occupait depuis des années était devenue trop petite!

C’est là qu’on voit que les veillées de danse, les activités de loisir actif, dans le plaisir, c’est super le fun et ça parle beaucoup aux gens de toutes les générations. Il y a cette idée-là que la rencontre et le plaisir sont au cœur de l’événement, plutôt que la performance. C’est beau de voir que de manière naturelle, plusieurs générations se rencontrent et ont envie de participer. C’est ce que je constate, à quel point il y a un renouveau, un regain d'intérêt des nouvelles générations pour nos activités.

Quelles activités suggérerais-tu pour les gens qui ont sont à leur premier festival ou qui n’ont pas nécessairement de connaissances en danse, en musique ou en métiers d’art?

La beauté des arts traditionnels, c’est qu’on n’a pas besoin de savoir pour pouvoir participer. Par exemple, une chanson à répondre, même pas besoin de connaître la chanson, il suffit d’écouter, de porter attention, d’être curieux, et on est capable de répondre et de participer autant que tout le monde.

Dans cette idée-là, une activité qui est super le fun, c’est la Randonnée chantée, notre activité finale du festival, le lundi 12 octobre à 13h. On se promène dans les sentiers du Domaine de Maizerets, on marche, on chante, on apprécie le moment.

Pour les gens qui en seraient à leur première activité avec nous, d’abord, il ne faut pas être stressé avec cela! On a toujours des bénévoles ou des membres de l’équipe à l’accueil de chaque activité. N’hésitez pas à poser des questions, à nous dire que c’est votre première fois – on est d’autant plus contents quand des nouvelles personnes viennent au festival pour la première fois!

Ensuite, on a plus de 60 % de la programmation qui est gratuite, donc vous pouvez participer à plein de beaux événements et essayer de nouvelles choses tout à fait gratuitement, sans investissement. Les apéros chantés notamment sont décontractés et super intéressants pour les personnes qui ne sont jamais venues au festival.

Si vous avez des enfants, on a 3 belles activités familiales, une sur la laine des moutons, pour explorer les étapes de transformation de la laine, une danse familiale, où c'est possible de danser même en porte-bébé, et aussi une activité de fabrication de poupées en cosse de maïs avec une artiste wendat, pour les enfants qui seraient plus manuels. Il y a donc plein de belles choses à découvrir avec les tout-petits! 

J’aurais envie de nommer toutes les activités du festival parce je pense qu’il y a moyen d’y trouver son compte même si on ne connaît pas les activités, même les danses. Et d’ailleurs, n’ayez jamais peur de venir seul au festival!

On vous invite à consulter toute la programmation de ce 35e Rendez-vous ès TRAD sur le site web du Centre de valorisation du patrimoine vivant. Bon festival!

(Crédits photos : Cardo Photographe, Tourisme Mirabel et archives du Centre de valorisation du patrimoine vivant)