Danse

Le milieu de la danse célèbre 30 ans de La Rotonde et 20 ans de complicité avec le Grand Théâtre

Deux anniversaires, une même passion pour la danse : La Rotonde et le Grand Théâtre de Québec ont dévoilé leur programmation 2026-2027, une saison qui témoigne de deux décennies de complicité et de trois décennies d’engagement pour La Rotonde et qui s’inscrit sous la thématique « La joie comme acte de résistance ».


Publié le : 26 août 2026

La danse québécoise et internationale aura encore une fois plusieurs scènes où s’épanouir à Québec au cours de la prochaine saison. Pour souligner le lancement de leur programmation commune, La Rotonde et le Grand Théâtre de Québec ont réuni artistes, partenaires, spectateurs et spectatrices des plus fidèles et acteurs et actrices d’importance du milieu. L’occasion de revenir sur le chemin parcouru… et de regarder vers celui qui mène à la nouvelle saison annoncée. 

Parmi les voix présentes lors du lancement, celle de Johanne Dor, qui a dirigé La Rotonde pendant plus d’une décennie et qui enseigne aujourd’hui à l’École de danse de Québec. « Ce qui m’a le plus marquée, c’est de voir les artistes se développer dans leur milieu à Québec », a-t-elle souligné. Aujourd’hui encore, elle dit prendre plaisir à observer les étudiants et les artistes et à « continuer à évoluer avec eux ».

Un parcours qui témoigne aussi de l’importance de construire des liens entre les institutions. Steve Huot, actuel directeur de Danse Partout — qui regroupe La Maison pour la danse, l’École de danse de Québec et La Rotonde —, a notamment évoqué le travail d’idéation et de développement qui a mené à la création de La Maison pour la danse, une démarche portée à l’époque par La Rotonde. C’était, explique-t-il, « la clé, la raison et la stratégie pour augmenter le nombre de spectacles a été d’avoir des partenaires, des diffuseurs, comme le Grand Théâtre, La Caserne, le Mois Multi ». 

Pour Marie-Hélène Julien, directrice de la programmation à la Rotonde, c’est le développement de la médiation culturelle qui a marqué une étape particulièrement importante de son parcours depuis le printemps 2022. De cette volonté sont nées des activités originales qui permettent de rejoindre les publics autrement et de créer de nouveaux rapports avec la danse. Et cette saison en est un témoignage important, notamment avec la nouveauté qu’est le SAS, une mise en bouche de 45 minutes qui permet d’apprivoiser l’univers artistique du spectacle, en bougeant et en découvrant la démarche de l’artiste, en amont de certains spectacles. Le tout est gratuit et est animé par la pédagogue Caroline Paré. Il y a également des ateliers grands publics ainsi que des ateliers pour les organismes communautaires. 

Cette mémoire du milieu était particulièrement présente lors du lancement, puisque Johanne Dor et Steve Huot se sont vu remettre un prix honorifique pour leur contribution au développement de la danse à Québec. Leur travail, a-t-on souligné, « a permis aux autres générations de rêver le futur ».

Et cette nouvelle saison semble bien vouloir poursuivre ce rêve, en faisant de la danse un espace de découverte, de rencontre et, surtout, de joie. Une joie qui, comme le soulignent les diffuseurs, « n’ignore rien du monde, mais choisit quand même de s’affirmer ».

Voici ce qui attend les publics dans les différentes salles.

À La Rotonde : de la matière, des corps et beaucoup de liberté

La saison de La Rotonde s’ouvrira avec Refonte, du Collectif LAS, les 8 et 9 octobre à la salle Multi de Méduse. Léa Ratycz-Légaré, Ariane Voineau et Sarah Booth y transforment le papier en paysages mouvants où arts visuels et danse se rencontrent.

Photo du spectacle Refonte, une artiste en danse sur fond noir

Les 22 et 23 octobre, LABOUR, de PARTS+LABOUR, réunira cinq artistes fxmmes dans une œuvre généreuse et célébratoire qui affirme la création comme acte de résistance.

Photo du spectacle Labour, trois artistes en mouvement

Les 26 et 27 novembre, place à l’univers déjanté de la chorégraphe belge Ayelen Parolin avec ZONDER, une pièce où trois personnages plongent dans des situations aussi absurdes qu’imprévisibles.

En février, deux créations d’artistes émergentes de Québec seront réunies dans un même programme : Symphonies intérieures, d’Alexandra Jacques, et Corps à Cœur, d’Emma Walsh et Lila Dubois Pagesse. Le programme double sera présenté à La Maison pour la danse du 2 au 5 février.

Les 11 et 12 mars, la chorégraphe Vanessa Goodman proposera Tuning, une œuvre sensorielle qui s’intéresse à la manière dont nous nous accordons aux autres dans nos relations.

Puis, les 1er et 2 avril, Clara Furey reviendra à La Rotonde avec UNARMOURED, une création charnelle et libre qui explore le plaisir et l’abandon.

Enfin, les 15 et 16 avril, de dIAboli, de la chorégraphe française Christine Armanger, fera se rencontrer imaginaire médiéval, intelligence artificielle et esthétique de science-fiction dans un rituel aussi étrange que fascinant. Oui, la proposition est audacieuse!

Deux créations à découvrir avec le Grand Théâtre

Deux œuvres seront également coprésentées par La Rotonde et le Grand Théâtre de Québec à la salle Octave-Crémazie.

Le 1er décembre, Ismaël Mouaraki présentera V!TAL, une création qui fait de la joie un véritable acte de résistance en croisant danses urbaines et contemporaines.

Puis, le 16 février, Danièle Desnoyers, figure incontournable de la danse québécoise, proposera Soulèvement, où huit femmes explorent la liberté du corps sur une rencontre entre Wagner et les paysages électroacoustiques de Ben Shemie.

Au Grand Théâtre : grands noms et grands classiques

La saison du Grand Théâtre commencera fort avec Marie Chouinard et un programme double présenté le 14 octobre : MAGNIFICAT, porté par la musique de Bach, suivi de Henri Michaux : Mouvements, où la danse dialogue avec les dessins du poète projetés sur scène.

Les 9 et 10 mars, Les Grands Ballets Canadiens feront entrer la magie sur la scène de la salle Louis-Fréchette avec Cendrillon, ballet signé par la chorégraphe Jayne Smeulders sur la célèbre musique de Prokofiev.

Avis aux amateurs de danse et de théâtre : le Grand Théâtre présentera également Pas perdus | documentaires scéniques, créé par Anaïs Barbeau‑Lavalette et Émile Proulx‑Cloutier et qui met de l’avant la gigue. 

Une programmation qui conjugue ainsi grandes signatures chorégraphiques, œuvres contemporaines et classiques revisités, tout en permettant au public de retrouver des artistes qui ont marqué l’histoire récente de la danse.

À La Caserne : la danse dès le plus jeune âge

La danse jeune public est une denrée rare et nous devons célébrer le fait qu’elle ait une place dans notre région pour faire découvrir cette discipline à nos jeunes. 

La collaboration entre La Rotonde et La Caserne – scène jeune public se poursuit également avec deux propositions destinées aux enfants.

Du 6 au 18 octobre, les tout-petits de 2 à 5 ans pourront découvrir Déjà, au début…, de L’Arrière Scène, une création sans paroles où une petite créature laisse son imagination transformer un univers de cylindres de carton.

Photo du spectacle Déjà au début, une artiste dans un décor de cylindres en carton

Puis, du 13 au 23 mai, les 4 à 8 ans seront invités à entrer dans 26 lettres à danser, de Bouge de là. Cet abécédaire dansé et interactif d’Hélène Langevin fait se rencontrer mouvement, mots, sens et émotions. Il y a notamment beaucoup d’humour dans ce spectacle!

Avec cette programmation, la danse circule donc d’une salle à l’autre et d’une génération à l’autre. Une façon, peut-être, de concrétiser ce que le lancement a si bien rappelé : à Québec, la danse ne se contente pas de présenter des œuvres. Elle se construit dans le temps, grâce aux artistes, aux publics et aux partenariats qui permettent à chacun de continuer à « rêver le futur ».

La saison 2026-2027 sera ainsi l’occasion de célébrer 30 ans de La Rotonde et 20 ans de complicité avec le Grand Théâtre, mais surtout de regarder devant — avec des corps en mouvement, des artistes qui émergent et une scène québécoise qui continue de se renouveler.