Danse

Le Festival international de musique corporelle : quand le corps devient instrument

Et si le plus vieux des instruments était aussi le plus universel? Du 17 au 23 août prochain, le Festival international de musique corporelle invite le public à découvrir un art aussi spectaculaire que méconnu, où le rythme naît des pieds, des mains, de la voix… et du corps tout entier.


Publié le : 10 juillet 2026

Pour sa toute première édition au Québec, l'événement, qui change de pays hôte à chaque édition, investira plusieurs lieux de la ville de Québec avec une programmation foisonnante de plus de 90 activités.

Réunissant une soixantaine d'artistes du Québec et de partout dans le monde, le festival souhaite faire rayonner la musique corporelle sous toutes ses formes : percussions corporelles, danse percussive, gigue, traditions autochtones, beatbox, improvisation, chant et création collective. Pendant une semaine, les spectateurs seront invités à voir, à entendre… mais aussi à expérimenter cette discipline où chaque mouvement devient une source de création.

« C'est une façon de découvrir les possibilités artistiques et sonores du seul instrument qu'on possède tous : le corps », résume Karine Chiasson, porteuse du projet, cofondatrice et directrice artistique des Malchaussées, et artiste en danse percussive de la Capitale-Nationale. 

Faire vibrer Québec au rythme du monde

Au-delà des spectacles, le Festival international de musique corporelle nourrit une ambition plus vaste : faire reconnaître Québec comme une destination culturelle incontournable pour cet art vivant et contribuer à son essor sur la scène internationale.

Cette première édition est le fruit d'un désir de rassembler une communauté artistique diversifiée autour d'une discipline encore peu connue du grand public. Les organisateurs souhaitent non seulement présenter des artistes de renommée internationale, mais également offrir une vitrine aux créatrices et créateurs d'ici et favoriser les échanges entre les différentes traditions rythmiques. Plus qu'un simple festival, l'événement se veut un lieu de rencontres, d'apprentissage et de transmission où les pratiques se croisent et s'enrichissent mutuellement.

Cette édition mettra notamment en valeur les traditions autochtones et les savoir-faire qui s'y rattachent, tout en proposant un dialogue avec des pratiques venues des quatre coins du monde. Une façon de rappeler que le rythme est un langage universel, capable de réunir des cultures très différentes autour d'une même pulsation.

Des artistes d'ici et d'ailleurs

Le public pourra assister aux performances et aux ateliers d'artistes reconnus à l'échelle internationale, dont le pionnier des percussions corporelles Keith Terry, la chanteuse et improvisatrice vocale Rhiannon, la grande danseuse Margie Gillis, le célèbre groupe brésilien Barbatuques, Pak Dewa Putu Berata, Yaëlle Azoulay et Nicole O'Bomsawin, en plus de plusieurs créateurs québécois.

Leur présence témoigne de la diversité des approches que peut prendre la musique corporelle. Tantôt ancrée dans les traditions, tantôt résolument contemporaine, elle emprunte autant au mouvement qu'à la musique, au théâtre ou à l'improvisation. Chaque artiste y apporte sa couleur, son histoire et sa façon d'habiter le rythme.

Une semaine pour essayer, apprendre… et participer

Le festival ne s'adresse pas uniquement aux initiés. Au contraire, il invite le public à devenir acteur de l'expérience.

Chaque matin débutera par des séances d'échauffement vocal et corporel à la Maison pour la danse. Tout au long de la journée, les festivaliers et festivalières pourront participer à des ateliers, des classes de maître et des conférences consacrés aux racines des percussions corporelles, à la gigue québécoise, aux traditions autochtones, aux rythmes et danses du Brésil, au beatbox, au chant, au gumboot traditionnel ou encore à l'improvisation.

Le Domaine de Maizerets accueillera notamment la performance déambulatoire Juncture de la compagnie montréalaise Migration Dance Film Project, suivie d'un atelier de soundpainting et d'une table ronde consacrée à la gigue québécoise.

La programmation laisse également une large place aux rencontres entre artistes et public, favorisant les échanges et la découverte de pratiques parfois méconnues, mais toujours profondément humaines.

Des soirées qui célèbrent le rythme

À la tombée du jour, le festival prendra des airs de grande fête.

La semaine s'ouvrira avec une soirée réunissant plusieurs artistes internationaux. Suivront une veillée de danse traditionnelle québécoise accompagnée d'un atelier de turlutte, un micro ouvert, un match d'improvisation musicale, une soirée de projection de films consacrés à la musique corporelle, puis le grand spectacle Une musique qui se voit, une danse qui s'entend. Le festival se conclura par un rassemblement au parc Victoria et une soirée de clôture à la Maison pour la danse.

Pour les personnes qui n'ont jamais participé à une veillée de danse traditionnelle, les organisateurs y voient une porte d'entrée idéale. Une occasion de découvrir une pratique rassembleuse qui fait rapidement tomber les barrières et donne envie de partager le rythme avec les autres.

Un festival qui mise sur l’inclusion

L'accessibilité est au cœur de cette édition. Le festival souhaite démontrer que la musique corporelle appartient à tout le monde, peu importe l'âge, l'expérience ou les capacités physiques.

Plusieurs activités gratuites ou à contribution volontaire seront proposées dans différents lieux de la ville. À la Bibliothèque Gabrielle-Roy, les familles pourront participer à des ateliers et assister à un spectacle participatif mêlant humour, clown et jeux rythmiques.

Deux ateliers inclusifs destinés aux personnes sourdes ou malentendantes seront également offerts, tandis que certaines activités bénéficieront d'une interprétation en langue des signes québécoise (LSQ). Une démarche qui reflète la vision des organisateurs : faire de la musique corporelle un art vivant accessible, participatif et profondément rassembleur.

Parce qu’au fond, nul besoin de posséder un instrument pour faire de la musique. Il suffit d'un corps, d'un souffle… et de l'envie de se laisser porter par le rythme.

Rendez-vous sur le site web du festival pour connaître toute la programmation.