Littérature

18 ouvrages d’ici à découvrir en prévision du 12 août

Les autrices et les auteurs de chez nous sont nombreux et, surtout, talentueux.


Publié le : 15 juillet 2026

À l’approche de la journée Le 12 août j’achète un livre québécois, voici une sélection d’ouvrages de genres diversifiés qui méritent de se retrouver parmi vos prochains choix de lecture! Lire local, c’est comprendre ce qui anime nos concitoyens et concitoyennes, c’est voir le temps de quelques pages par la fenêtre de celui ou celle avec qui nous partageons le territoire. Voici donc 18 oeuvres à découvrir.

(Les résumés sont ceux des éditeurs)


Concassée

Mireille Gagné (La Peuplade)

Avec Mireille Gagné, quelles pierres rêve-t-on d’être ? Striée et coupante, chaude, indélogeable, impossible à attraper, léchée, sculptée, saisie par le froid, pétrifiée, cachée précieusement, lovée, entêtée, domestiquée, indéfiniment blanche, terriblement mortelle, concassée ? Elle en disperse partout : dans ses poches, sur le rebord des fenêtres, sous l’oreiller. Sources de fascination et visions passées, présentes ou futures, les roches se connectent, grâce à leur pouvoir d’envoûtement, aux plus lointaines aïeules pour tisser des liens. Dans un texte savoureux, la poète prend un malin plaisir à partager ses prémonitions.

Garçon Dauphin

Paul Bordeleau (Jarjille éditions)

Un recueil d'histoires courtes dans lesquelles des dauphins s'infiltrent, souvent sans raison valable. Tantôt héros, objets ou figurants, ils surgissent à chaque page dans un monde qui oscille entre absurde, critique sociale et humour.

Pour découvrir cet auteur, nous vous invitons également à visionner l’épisode 5 de Questions de culture, où l’on retrouve son rapport artistique au corps humain!

Élite magic

Claudie Létourneau (La Mèche)

Doctorante en littérature, Margot consacre sa thèse aux limites du genre fantastique. Lorsque son directeur de recherche décide qu'il est temps pour elle "d'aller sur le terrain, comme Serge Bouchard", elle se retrouve inscrite à un DEP clandestin en sorcellerie. Margot découvre alors une école où la magie n'a rien d'enchanteur : cours et stages douteux, professeurs instables, camarades inquiétants, présence saugrenue d'une vedette hollywoodienne... Dans cet univers saturé d'ambitions mal placées et de masculinités toxiques, elle comprend peu à peu que cette " formation " n'est qu'un écho des logiques de pouvoir qui gouvernent nos sociétés. Sous le vernis d'une saga magique déjantée, ÉLITE MAGIC(tm) déploie une satire des institutions et de la fabrication de l'élite.



La flopée no 3

Collectif (Nique à feu)

1, 2, 3, c’est parti! Êtes-vous prêts à vous faire décoiffer par la créativité infatigable de 15 bédéistes en herbe bien de chez nous? Histoires fantastiques ou post-apocalyptiques, BD pleines d’humour ou récits intimistes, le talent de notre superbe brochette d'artistes va vous transporter! Avec: Rosalie Bouchard, Pierlyn et Simon B. Bouchard, Vicky Fortin Boudreault, Carotte, Liliane Dubé, Chloé Lalancette, Marius Lalancette, Christine Lavallée, Valérie Racine, Léa Robitaille, Eliane Rousseau, Sarah-Ève Tremblay, Zoey Tremblay et Zoé Zenon.

Complices

Alain Beaulieu (Druide)

Galilée, une jeune femme au caractère bien trempé, vit seule dans un petit appartement en plein coeur de Montréal. Lorsque le restaurant où elle travaille est vendu puis fermé pour rénovations, elle se rabat sur son activité secondaire de graphiste, tout en dénichant un emploi de serveuse dans un café. C’est là qu’elle aperçoit Laurence, la conjointe de son frère Copernic, en compagnie d’un groupe de militantes pacifistes. Ces dernières préparent une action contre une entreprise d’armement, action à laquelle Galilée sera indirectement mêlée, tout comme son frère informaticien. Prise dans un tourbillon de situations déroutantes – une nouvelle relation amoureuse qui tourne mal, un attentat, un rapprochement avec le crime organisé, une disparition –, Galilée cherche à retrouver ses repères. Or, comme tout se délite, il ne lui reste qu’à avancer entre ce qu’elle a perdu et ce qu’elle n’ose pas encore saisir.

Éclats de chair

Frédérique Dubé (Hamac)

« Éclats de chair, tels des débris après l’implosion, tels des morceaux épars de moi. Morceaux que je ramasse un à un, que je recolle ensemble méticuleusement. » Éclats de chair est un texte de l’intime, c’est une quête menée par une femme désirant se refaire une place dans sa propre sexualité. Il y a d’abord l’implosion – une agression sexuelle, puis le travail de mémorisation qui s’impose. Cette femme ressent la nécessité de revisiter les scènes érotiques ou sexuelles qui ont composé sa vie. Des scènes apparaissant comme des éclats de verre à recoller ensemble, pour reprendre le contrôle sur son corps.  

Notez que Frédérique Dubé est présidente de la Table des lettres de Culture Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches, l'organisme derrière Ose média. Elle oeuvre ainsi à défendre et à promouvoir la place de la littérature sur différents paliers politique et à améliorer la concertation au sein du milieu.


Le courage et la joie

Catherine Dorion (Lux)

Alors que des personnalités autoritaires se hissent partout au pouvoir et que les discours de haine se multiplient, nous assistons impuissants à la montée de l’anxiété et nous nous y habituons. Nous vaquons à nos occupations. Car nous n’y pouvons rien, n’est-ce pas ? Pourquoi sommes-nous si désemparés ?

Le Vieux-Québec est une histoire d'amour

Marie-Ève Sévigny (Leméac)

Jacques Poulin (1937-2025) a fait du Vieux-Québec un mythe littéraire. Au coeur des murs de pierre, le brouillard du fleuve estompe les contours du réel et de la chimère pour donner vie au romanesque : les arbres à chats s’appuient aux maisons d’écrivains, les serveuses de cafés tracent leurs poèmes sur les nappes de papier, les librairies laissent s’échapper les murmures des livres. Les flâneurs suivent à la trace leur roman à venir, parfois jusqu’aux confins de l’Oregon. Dans cet essai déambulatoire, hommage à l’une des grandes oeuvres de notre littérature, la promenade vient nous réconcilier avec le grand rêve de fraternité humaine 

Comme les éclipses

Alex Thibodeau (Tête première)

Québec, début des années 2010. C’est l’âge d’or du dubstep, des raves d’Halloween et des shows métal dans le quartier Saint-Roch. Quand Alice rencontre Rem, tout s’enclenche. Impossible de revenir en arrière. Parce qu’elle est jeune et amoureuse, Alice pardonne les comportements de Rem, de plus en plus malsains. En parallèle, son emploi de réceptionniste en hôtellerie l’expose à un stress insoupçonné. Alors que son milieu de travail s’avère aussi toxique que sa relation avec Rem, Alice cherche l’échappatoire. Dans son quotidien, les violences sont comme les éclipses : naturelles, aveuglantes, inévitables.

En 2021, Alex Thibodeau a remporté le Prix du CALQ - Œuvre de la relève en Capitale-Nationale. Récemment, elle s'est jointe à l'équipe de Culture Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches (CCNCA) en tant qu'adjointe aux communications numériques. Ainsi, vous pouvez lire ses articles sur Ose média, le média de CCNCA! 


J’habiterai le vent

Elizabeth Baril-Lessard (Hurtubise)

Tu es le début de mes phrases et le point.
Tu es mon cadran de lever de soleil et ma berceuse à fredonner à la fin.
Et ça me suffit. Entre deux poussées pour faire naître sa fille Gigi, Ella apprend que son chum Will est parti. Pas parti au dépanneur ou acheter un toutou pour leur bébé. Non : parti pour de bon. C’est donc seule dans son petit appartement de Québec que, du haut de ses 19 ans chambranlants, la nouvelle maman apprend à décoder les pleurs de son enfant tout en essayant d’étouffer les siens. . Puis sa belle-famille l’invite à venir s’installer pour l’été dans leur maison au Lac-Saint-Jean. Auprès de Diane, Roch et Hugo, le petit frère de Will, Ella découvre ce que signifie réellement « prendre soin ». Tout en apprivoisant cet amour infini, elle se laisse inspirer par l’immensité et le mouvement du Lac afin de se définir pour la première fois de sa vie. Mais alors qu’Ella commence à bâtir un nid pour Gigi et elle-même, Will réapparaît brusquement, venant tout chambouler…

Notez qu’Elizabeth Baril-Lessard vient tout juste de faire paraître le troisième tome de son excellente série La chose, chez Les Malins. 

Le Chiard

Isabelle Hubert (L’instant même)

Ancrée dans une langue vivante et charnelle, Le Chiard déploie une fresque chorale où l’intime et le politique s’entrelacent. Isabelle Hubert met en scène une communauté exploitée, des femmes debout, des enfants lucides, et un ordre économique qui vacille. Le chiard (une fricassée de morue) circule de maison en maison, nourrit les corps, répare parfois les vivants, et soude les colères.

Au cœur du récit surgit Arsène, petit bouledogue français arrivé de Paris dans un carrosse de bébé. Chien fragile, aimé jusqu’à l’excès, il cristallise le choc entre deux mondes : celui de la misère organisée et celui du luxe aveugle. C’est pour lui que tout bascule. En refusant de « faire son chiard pour le chien des patrons », Donatienne pose un geste d’honneur qui déclenche une prise de conscience collective. Inspirée de faits réels, Le Chiard s’inscrit dans une filiation sociale et populaire rare au théâtre : une écriture précise, incarnée, où la langue devient un outil de résistance et de transmission.

Patience

Juliette Bernatchez (Lézard amoureux)

Portant les marques du silence et de la pudeur, Patience raconte la relation de soi aux autres, relatée en une pluralité de moi qui nous pose en contraste, nous gêne. Malgré l’obstacle, une équipe s’organise, « une présence en coin » se fait remarquer, la voix s’énonce. Elle se pose comme discrète, à l’écart, elle évolue pour négocier sa place dans l’espace et cherche activement à se reconnaître dans les autres, à comprendre ce qui lui fait défaut. Les présences en viennent à s’entremêler. On ne sait plus si la voix est multiple, si elle s’inclut, si elle se tient tout à fait à distance. Mais une chose est sûre : la lutte entre dire et ne pas dire n’est pas prête de s’achever. Son travail est lent et toujours à recommencer. À travers les poèmes, l’autrice questionne de manière intime sa présence au monde, ses relations avec les autres, sa rigueur, ses plis, ce qu’elle veut incarner.



Pour un paquet de Player’s

Daniel Grenier (XYZ)

Grégoire et Murielle viennent d’acheter une maison à Stepford, dans les Cantons-de-l’Est. Ici, l’atmosphère est accueillante, une jolie montagne rafraîchit l’air, les rues sinueuses promettent de longues promenades. Et comme Murielle est enceinte, le couple ne tardera pas à goûter aux joies de la famille. À l’évidence, le charme de la ville opère sur Grégoire. Lors d’une visite à la quincaillerie, il fait la connaissance d’un des piliers de la communauté, un certain Claude, dont l’influence se fait sentir à bien des niveaux. Une amitié se développe entre les deux hommes. Jusqu’à cet après-midi festif où Claude posera une question déterminante à Grégoire. La question de Stepford, à laquelle tout homme qui se respecte devrait pouvoir répondre sans hésiter. 

La société des arbres

Natalie Jean (Leméac)

Son fiancé parti jouer de son art en ville, Alice s’occupe du jardin de leur petit chalet en montagne. De l’aube au coucher du soleil, elle explore la forêt, piste les animaux, dialogue avec les oiseaux. Gagnée par l’euphorie du printemps, elle goûte la magie d’être seule, et sa mémoire se libère enfin. 

Auguste Géant

Nicolas Auclair-Trembay (Tête première)

Encadré par son père inflexible, Auguste Géant a hérité de lui la vanité, l’avarice et des habiletés à lire les gens et le monde des affaires. Appliquant les leçons du paternel pour construire sa vie, d’écolier à PDG, celle-ci craque comme Auguste valorise les petits succès et fuit les grands problèmes. Il se réfugie dans son ego qui ne lui apporte aucun réconfort. Famille, amis, amoureuses, conseil d’administration, Auguste brûle tous ceux qui l’entourent alors qu’il veut prendre sa place de pièce maîtresse dans le monde. Rongé par une colère qui le parasite depuis ses quatre ans, sa vie se disloque lentement, morceaux par morceaux, jusqu’à ses quarante-et-un ans quand il s’effondre d’être si fragmenté. Isolé et alors que son passé le rattrape, il contemple le cul-de-sac dans lequel il se trouve. Qui voudra encore l’écouter ? Et à quel prix ?


Celle qui ne savent pas mourir

Marie-Hélène Sarrazin (Tête première)

Saint-Didace est submergé par le flot de touristes qui envahit le village, mais Marine en a plein les bras avec son jardin et n’a pas le temps de fomenter une résistance. C’est encore pire quand Rose, sa voisine, disparaît. Peu à peu, le paysage perd de sa familiarité; quelque chose se détraque. Mais les gardiennes des lieux ont la résilience des perles.  

Simon Wendat t. 1 : La carte magique

Isabelle Picard (Les Malins)

Ce matin, tout est étrange pour Simon. Son chandail du lundi a disparu, la maison est trop silencieuse... et même ses parents semblent avoir oublié quel jour on est ! En cherchant des indices, Simon découvre dans le grenier une vieille boîte remplie d'objets wendat ayant appartenu à son arrière-grand- père. Parmi eux : une veste ancienne, un drôle d'instrument de musique... et un mystérieux dessin qui ressemble beaucoup à une carte. Quand Simon commence à l'examiner, des choses bizarres se produisent. Le papier semble presque... vivre. Et si cette carte menait quelque part ? Et si un secret très ancien attendait Simon ? 

Découvrez Isabelle Picard en entrevue dans la saison 1 de Questions de culture! 


Sous les eaux

Rosalie Demers (Tête première)

Depuis la disparition de son frère, Rachelle s’abîme dans le brouillard des bars, noyant sa peine. Au matin d’une nuit de débauche, elle découvre avec effroi son amant, mort, gisant au bas des escaliers. En touchant son corps, une force insaisissable l’arrache à la réalité et la projette à l’intérieur de lui. Le temps recule, et à travers ses yeux, elle revit ses dernières heures. Lors de cette excursion d’outre-tombe, son frère lui apparaît. L’espoir fou de le retrouver renaît, brûlant, inespéré. Obsédée par cette révélation, Rachelle traque les morts, multipliant les rencontres aux portes de l’agonie. Chaque passage de l’autre côté la rapproche de la vérité, mais l’arrache un peu plus au monde des vivants. Alors qu’elle se perd dans cette quête funèbre, elle doit aussi fuir Daniel, son ex-conjoint violent, qui la harcèle sans relâche. Mais bientôt, la peur cède la place à une autre fièvre : celle de la vengeance. Troubler l’agonie a un prix, et c’est bien plus que sa raison que Rachelle risque d’y laisser.