Crédit photo : Jérôme Bourque
À propos
L’observation des effets de l’anthropisation, ce processus par lequel l’humain transforme progressivement les milieux naturels, est au cœur de la pratique artistique de Catherine Sheedy. Fascinée par les vestiges laissés par ces interventions sur le paysage, elle puise son inspiration dans l’origine des matériaux qu’elle collecte et s’intéresse à leur cycle de vie pour créer des bijoux porteurs de mémoire.
Par une approche sensible du territoire, elle cherche à cerner où le monde naturel commence et se termine. Le sol qu’elle parcourt devient le lieu même de la recherche. Elle y récolte minutieusement ces témoins silencieux de la transformation d’un environnement. Morceaux de roche ou de bois altérés, débris domestiques ou industriels rejetés constituent les traces matérielles et minérales du passé. Observatrice, elle identifie et cueille les éléments qui furent relocalisés par voies terrestres ou maritimes et qui ont subi l’usure du rythme des saisons ou la force des marées. Intégrés aux bijoux, ces fragments érodés, nettoyés et polis naturellement ou par l’artiste sont conservés, mais appelés à poursuivre leurs déplacements.
Pour cette créatrice, le matériau est à tout moment l’élément déclencheur de formes et de sens. Choisi pour son potentiel à exprimer ses préoccupations conceptuelles, il est assemblé de manière intuitive, dans un dialogue constant entre la main, la matière et l’idée. Les œuvres qui émergent de ce processus sont profondément liées aux enjeux qu’elle explore, en évoquant à la fois les tensions entre nature et artefact, mémoire et continuité.
Par le bijou, Catherine Sheedy tente de saisir l’impact d’une forme d’art appelé à s’inscrire dans différents contextes. Le rapport au corps, indissociable à ce médium d’expression, permet de faire ressentir de façon sensible, visuellement et physiquement, les sujets qu’elle aborde.
