Maria Ezcurra, Pas perdus – Dedans (Manif d'art)
Description
L’intensification du réchauffement climatique s’exprime notamment par l’arrivée des eaux qui, produites par la fonte de leur glacier d’origine, ont poursuivi leur chemin jusqu’au sud. À l’inverse, la précarité climatique provoque la migration forcée de plusieurs populations vers le nord. Déployant dans l’espace des couvertures de survie, Maria Ezcurra reflète l’urgence de ces enjeux. Organisées en un labyrinthe miroitant, ces dernières forcent une implication directe de notre corps – amplifiée par la possibilité de nous-mêmes revêtir l’une de ces couvertures. Provoquant une expérience de désorientation, qui n’est pas sans rappeler les chemins empruntés par les migrant·e·s, l’artiste révèle une part de la violence vécue lors de ces déplacements ainsi que la négligence systémique à leur origine.
À l’opposé de la froideur qui se dégage de l’installation, l’espace de médiation attenant symbolise la chaleur d’un lieu de rassemblement, de connexion. Ouvert à la création libre, avec un accent sur le textile, il rappelle avec douceur que le soin, l’artisanat et la communauté peuvent constituer des réponses à l’exclusion. Ainsi, « l’œuvre évoque la fragilité et la résistance, révélant comment la survie peut être à la fois collective et précaire ».
PAS PERDUS – DEHORS
Au cœur d’un quartier imprégné par l’itinérance et dont les espaces, de façon contradictoire, sont inhabités, Maria Ezcurra dépose un refuge. Elle le décrit comme « une interruption matérielle dans le paysage, invitant à réfléchir sur qui peut rester, qui doit partir et comment nous prenons soin les uns des autres dans les espaces communs ». Formée de couvertures de survie – tout comme son installation à l’intérieur du Lieu –, cette œuvre, dont les contours évoquent les dessins de maison réalisés par les enfants, constitue un abri éphémère. Si on y entre, c’est pour mieux constater l’inconfort du logis, uniquement composé de murs et d’un toit. L’installation entrelace les enjeux internationaux de la crise climatique et de la migration que celle-ci impose à ceux, plus locaux, de crise du logement et de gentrification. Tout comme pour les migrants déplacés, l’hiver peut être particulièrement violent pour les personnes sans domicile fixe.
BIOGRAPHIE
Maria Ezcurra est une artiste et éducatrice qui travaille le textile comme un matériau sculptural et performatif. Elle explore la mémoire, l’identité et l’appartenance dans une perspective intersectionnelle et écoféministe. Elle enseigne à McGill et à Concordia. Son travail a été présenté au Québec, au Canada et à l’international, et a été récompensé par le prix Powerhouse (2022), le Prix du MNBAQ (finaliste, 2023) et le prix Charles-Biddle (2024).
En ce moment
au 19 avril 2026
Le Lieu, centre en art actuel
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À propos
Le Lieu, centre en art actuel, actif à Québec et à l’étranger depuis 1982. L’organisme se dédie tout particulièrement à l’art action et à diverses explorations du champ de l’art performance, dans un apport à la fois théorique et pratique. Par une programmation annuelle, Le Lieu, centre en art actuel a pour mandat de diffuser l’art actuel, mettant de
l’avant un aspect performatif prégnant. Chaque année, le Comité de programmation sélectionne et convie des artistes en réponse à un appel de dossiers axé sur la pertinence des pratiques issues du vaste champ de l’art action, à la fois à l’échelle locale, nationale et internationale.
Le Lieu apporte son soutien à la communauté locale œuvrant dans le domaine de l’art action par le biais de rencontres, de formations et de conférences. De plus, il met à disposition ses espaces et ses ressources
dans le but de favoriser la diffusion et la propagation de l’art action.
