Une pièce de théâtre par semaine éloigne la morosité intellectuelle sans peine!
La rentrée culturelle bat son plein et les théâtres de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches ont fait connaître les pièces qui meubleront la nouvelle saison!
...Ose média a épluché toutes les programmations et vous propose une sortie théâtrale par semaine, jusqu’en 2026! Vous trouverez donc ci-dessous 16 idées de sortie pour ceux qui souhaitent ajouter du 6e art dans leur calendrier!

Semaine du 15 septembre
Dans La délivrance, texte fort écrit par Rosalie Cournoyer (que vous pouvez d’ailleurs lire en livre, publié chez L’Instant même), on est transporté en pleine crise du verglas, en 1998, sur une ferme laitière de Montérégie. Dans cette pièce présentée à la Bordée, on y suit Jeanne, sur le point d’accoucher, qui se verra « enfermée » avec sa famille alors que la ferme est plongée au cœur du triangle de glace. Les discussions mettront de l’avant la puissance des femmes, certes, mais également des sujets tabous tel que le le non-désir d’enfants.

Semaine du 22 septembre
Avec Ici par hasard, présenté au Périscope, les spectateurs et spectatrices assisteront à une réflexion sur la quête de sens des endeuillés. Puisque c’est sous la plume de Carolanne Foucher, on sait que le public aura droit à de l’humour et de la subtilité pour traiter l’histoire de cette famille qui se retrouve dans un chalet, afin d’y disperser les cendres de leur soeur, qui a mis fin à ses jours. Cependant, cette dernière créera la surprise totale en revenant d’entre les morts…!

Semaine du 29 septembre
Chez Premier Acte, on vous convie à un solo caustique mettant en scène une femme dont les pensées entourant sa quête de destruction de l’identité seront explorées, et mises en confrontation avec le besoin d’appartenance des humains et les difficultés à réfléchir au deuil, aux injustices et au capitalisme. Cette femme, elle, ne souhaite « qu’être, juste fucking être ». Ce texte, écrit et joué par Sarya Bazin, s’intitule Demain, je serai personne.

Semaine du 6 octobre
Le roman dont cette pièce, présentée au Trident, est inspirée trône au sommet de la liste des favoris de bien des lecteurs et lectrices: Le bizarre incident du chien pendant la nuit. Avec ce thriller, on plonge dans la peau d’un garçon de 15 ans pas tout à fait comme les autres – un garçon qui mémorise tout, connaît la théorie de la relativité et ne supporte pas qu’on le touche. Ce garçon décide de mener une enquête: trouver qui a tué Wellington, le chien de la voisine. Mais comme le genre humain est pour lui quelque chose de très déconcertant, cette aventure prendra des tournures inattendues.

Semaine du 13 octobre
C’est au Périscope que vous pourrez assister à la pièce de théâtre d’objets Les Açores, qui possède la particularité d’utiliser la poésie des mots et des objets pour mettre en scène son discours sur l’amour propre et la formation de l’identité. Il s’agit d’une façon détournée mais oh combien puissante pour raconter le voyage initiatique, empreint de rage mais aussi de lumière, d’une fille qui a vécu des soubresauts amoureux, des moments chaotiques familiaux et des relations où la distance était à la fois baume et torture. Bienvenue dans ses « montagnes russes appalachiennes »!

Semaine du 20 octobre
C’est à l’Anglicane de Lévis qu’il vous faudra aller cette semaine (ou attendre le 2 novembre et aller plutôt aux Arts de la scène de Montmagny) pour voir la pièce hautement saluée Michelin. Michel-Maxime Legault, metteur en scène et comédien, a écrit cette pièce autobiographique qui met en lumière sa famille - un père qui abat des poulets, une sœur qui a empêché qu’il se nomme Michelin comme les pneus - et de la vie rurale et colorée dans laquelle il a grandi. La mise en scène est assurée par Marie-Thérèse Fortin, qui sied tout à fait à cette ode à la différence et à l’hypersensibilité dans un milieu qui a tout pour ne pas laisser ceci dépasser.

Semaine du 27 octobre
Cette semaine, on vous conseille deux sorties : une à Montmagny avec la comédie Le prénom, et l’autre à Premier Acte avec One night only. Dans la première, vous assisterez à une comédie, mise en scène par Serge Denoncourt, où un souper vire à la catastrophe lorsqu’un homme dévoile le nom qu’il a choisi pour le bébé à venir… Dans la seconde, on change complètement de régistre et on aborde des sujets liés à la santé mentale, alors qu’on écoute le solo théâtral d’un personnage qui tente de gérer ses crises existentielles… et l’arme à feu de son père dont elle doit se débarrasser.

Semaine du 3 novembre
Quelle merveille de savoir que l'œuvre de bell hook, ses idées hautement riches et enracinées dans l’inclusion, se voit transposée au théâtre avec L’amour au rien, au Trident! Cette essayiste qui fait appel à la psychologie ainsi qu’à la philosophie morale pour mettre en place sa vision de l’amour, redore le blason d’un amour délivré du patriarcat dans cette pièce où l’acte d’aimer ne se résume ni à l’attraction et à la tendresse. Vous verrez, c’est puissant!

Semaine du 10 novembre
Cette semaine, deux pièces jouent du coude pour attirer votre attention! Tout d’abord, Un nouveau jour, de Jean-Baril Guérard à la Bordée, qui interroge la question du « nous » à l’heure de l'individualisme, alors que nous sommes dans un Québec devenu souverain et que le Ministère tente de circonscrire ce qu’est l’identité québécoise… La seconde pièce est Job, un thriller psychologique au Périscope, qui nous transporte dans un tête à tête entre un psychologue âgé et une jeune professionnelle qu’une crise publique a mise à mal. La conversation entre les deux devient rapidement un duel et, tout à coup, on ne sait plus qui perd réellement pied…

Semaine du 17 novembre
Avec Cispersonnages en quête d’auteurice, on assiste à une pièce où les rires seront peut-être jaunes, où le bon malaise volera peut-être ici et là, mais où la réflexion sera toujours pertinente. Des interprètes en quête d’inspiration plongent dans une comédie grinçante où désir artistique et principes éthiques s’entrechoquent. Entre vérité et fiction, Joe Jack et John détournent la pièce de Luigi Pirandello Six personnages en quête d’auteur (1921), pour questionner identité, inclusion, appropriation et liberté créatrice.

Semaine du 24 novembre
Ne manquez pas l’unique représentation de Le ciel est une belle ordure, à l’Anglicane, une pièce inspirée des romans de Catherine Mavrikakis. On plonge dans quatre époques différentes, où des femmes prennent la parole. En 1979, une a assassiné toute sa famille à Bay City; en 1992 une autre se rappelle de tous ses amis nommés Hervé dont le sida a dévoré la vie; en 2015, une troisième parle de sa mère disparue et de son amour pour elle; et en 2023, une romancière pose son regard sur son oeuvre et sur le sens de la littérature. Il y a dans ce texte de la colère, de l’amour et des angoisses existentielles, mais aussi des touches d’humour.

Semaine du 1er décembre
On se réjouira de retrouver à la Bordée la plume de Rébecca Déraspe dans la pièce Fanny, mettant en scène une femme à la fin de la cinquantaine, qui vit un petit bonheur douillet et tranquille avec son mari. Du moins, jusqu'à ce qu’entre dans leur vie Alice, une étudiante qu’ils ont choisi d’héberger et qui viendra bouleverser leurs certitudes. Cette Alice apportera un nouveau regard sur le monde, abordera frontalement les angles morts du couple de l’avant, éclairera des zones d’ombre. Mais, aussi, elle les inspirera…

Semaine du 8 décembre
C’est l’oeuvre de Clémence DesRochers qui est ici mise en scène dans Clémence, des fleurs d’enfants pour grandes personnes, à la Bordée. Ni hommage ni documentaire, cette création met de l’avant des confidences de personnalités qui témoignent de l’impact de cette grande femme sur le milieu cultuel québécois. C’est la magie de sa créativité et de son humanité qui est, dans cette pièce, célébrée.

Semaine du 15 décembre
Pour finir l’année du bon pied, petite escale à la nouvelle maison de La Caserne - anciennement connue sous le nom de Les Gros Becs. Les adultes (oui oui!) comme les enfants se réjouiront de découvrir Alice de l’autre côté. Cette pièce est un hommage aux rouages de la scène, alors qu’Alice joue devant son miroir, inventant des personnages divers et rêvant de devenir une actrice acclamée. Le monde merveilleux que cette Alice visitera est celui du 6e art, mais les personnages y seront tout aussi fantaisistes que ceux qu’on retrouve dans le classique de Lewis Carroll.
