Littérature

Un nouveau souffle poétique à Québec: naissance d’un festival international dédié aux voix du monde


Publié le : 6 février 2026

Québec s’apprête à ajouter une nouvelle corde à son arc culturel. Du 5 au 7 mars, la ville verra naître le Festival international de poésie de Québec, un rendez-vous qui promet de faire vibrer les mots et les langues au rythme de la création contemporaine. Dans une ville déjà reconnue par l’UNESCO pour sa vitalité littéraire, ce nouveau festival arrive comme une invitation à élargir l’écoute et à faire place à des voix venues d’ici et d’ailleurs.

Porté par les autrices Natalie Fontalvo et Marie Blay, l’événement s’ancre dans deux lieux bien connus des amateurs de littérature et de poésie vivante : la Charpente des fauves et la Maison de la littérature. Pendant trois jours, une vingtaine de poètes et artistes du verbe provenant notamment du Québec, du Canada, mais également de la Slovénie, de la Palestine, de la France, de la Belgique, de la Suisse, du Pays Basque et de la Catalogne se succéderont pour offrir lectures, performances, vidéopoésie, installations et discussions. L’idée : faire de la poésie un espace de rencontre, d’expérimentation et de célébration.

Une genèse qui vient d’ailleurs

L’histoire du festival a des allures de récit de voyage. C’est loin de Québec, en Afrique de l’Est, que l’étincelle est née, alors que les deux fondatrices revenaient d’un autre événement littéraire. De discussions enflammées autour d’un café à l’adhésion progressive du milieu culturel de Québec, le projet a pris forme, nourri par les rencontres, les amitiés et le désir de créer, chez soi, un lieu d’effervescence comparable à ceux qu’elles avaient découverts ailleurs dans le monde.

Pour cette première édition, le festival se déploie autour d’un thème fort : la langue comme espace de résistance. À travers des voix issues de contextes minoritaires ou fragilisés, la programmation met en lumière des pratiques poétiques qui défendent, réinventent et protègent des langues et des cultures parfois menacées. Ici, la poésie n’est pas seulement un art : elle devient un geste politique, un acte de mémoire et un outil de survie culturelle. Parmi les voix de nos régions, soulignons la présence d’Andrée Levesque Sioui, Anne Peyrouse (invitée d’honneur – Parcours poétique), Isabelle Forest, Mary Thaler et Nora Atalla (invitée d’honneur – Poésie dans la neige).

Éclater les formes poétiques

Fidèle à l’esprit de Spoken word Québec, qui produit l’événement, le festival accorde une place importante à la poésie scénique et au dialogue avec d’autres formes artistiques. On y croisera autant des performances électrisantes que des moments plus intimes, des discussions de fond que des propositions ludiques. Un exemple? Lors de l’événement rassembleur La poésie dans la neige, Nora Atalla, accompagnée de poètes du Québec et du Canada, prendront la parole. La poésie s’y vivra debout, ensemble, au cœur de la ville, afin d’offrir des lectures agrémentées de tire d’érable, boissons chaudes et musique!

Côté ambiance, le Festival international de poésie de Québec mise sur la convivialité et l’accessibilité, avec plusieurs activités gratuites et des tarifs solidaires pour certaines propositions. La soirée d’ouverture, à la Maison de la littérature, promet un mélange festif de cabaret, de performances et de rencontres, tandis que les journées suivantes alterneront entre déjeuners-poésie, lancements de livres, tables rondes et soirées de vidéopoésie. Le tout se conclura par un parcours poétique et une fête de clôture, histoire de rappeler que la poésie, aussi engagée soit-elle, est d’abord une affaire de partage et de plaisir.

Avec cette première édition, Québec affirme une fois de plus son désir d’être un carrefour littéraire vivant, où les mots circulent, se frottent et se transforment. Pour le grand public comme pour les amatrices et amateurs de poésie, ce nouveau festival s’annonce comme une occasion rare de découvrir des voix du monde, de se laisser surprendre et, peut-être, de voir la langue autrement : non pas comme un simple outil, mais comme un lieu de résistance, de beauté et de liberté.