Littérature

La littérature en cadeau : offrez des autrices et auteurs d’ici

Des voix multiples, des imaginaires foisonnants et des regards ancrés dans le territoire : la création littéraire de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches se déploie aujourd’hui avec une vitalité remarquable. Du conte à la bande dessinée, de l’essai au roman, en passant par la littérature jeunesse, les livres qui naissent ici racontent le monde à hauteur humaine, interrogent notre époque et nourrissent l’imaginaire collectif.

...

Publié le : 15 décembre 2025

À travers des autrices et auteurs de grand talent, cet article propose un voyage au cœur d’une production littéraire riche et diversifiée. Chacune à leur manière, ces plumes façonnent des univers sensibles, engagés ou ludiques, et témoignent de la force créative de nos régions. Autant d’invitations à lire, à découvrir et à surprendre vos proches en glissant ces livres dans leur bas de Noël!

Notez que les résumés ci-dessous sont ceux des éditeurs.

 

Chasseurs de trésors : Enquête sur la dissémination du patrimoine religieux au Québec

Isabelle Lareau et Francis Desharnais (Atelier 10)

Depuis plus d’un demi-siècle, la pratique du catholicisme est en chute libre au Québec, entraînant avec elle la fermeture de nombreuses églises—vendues, transformées ou démolies. Mais qu’advient-il des statues, crucifix, calices, tabernacles et autres objets religieux? Leur valeur rituelle disparue, ces artéfacts conservent une dimension artistique et patrimoniale majeure. Et pourtant, en dépit de quelques efforts isolés, rien ne semble fait pour empêcher leur dissémination. Qui veillera à sauvegarder ce pan essentiel de notre histoire avant qu’il ne s’efface pour de bon? Sans nostalgie ni complaisance, la journaliste Isabelle Lareau interroge membres du clergé, collectionneurs privés et revendeurs en tous genres sur les traces de ce legs complexe. Une enquête magnifiée par le dessin fidèle et détaillé de Francis Desharnais, qui rend justice à la richesse de ces trésors ignorés du plus grand nombre. Un regard lucide, documenté et nuancé sur un enjeu à la croisée de l'histoire, de la culture et du patrimoine. Collaboration inédite entre La pastèque et Atelier 10, Journalisme 9 est la première collection canadienne francophone dédiée à l’enquête, au reportage et au journalisme dessinés. Chasseurs de trésors est le quatrième titre de la collection.

 

Limoilou, Contes D’hiver

Sophie Grenier-Héroux (L’instant même)

Derrière les fenêtres embuées de Limoilou, entre neige fondue et plats congelés, les contes d’hiver de Sophie Grenier-Héroux se glissent dans les interstices du quotidien, jusqu’à faire surgir l’humanité. Ce recueil déploie une galerie de personnages attachants, cabossés, magnifiques dans leurs failles, qui réchauffent le cœur autant qu’ils le piquent. Loin du cliché sucré des fêtes, ces récits touchent à la solitude, à la perte, à l’amour inattendu et aux liens improbables.

La langue y est vive, orale. Une tendresse brutale s’en dégage : ici, la beauté surgit dans la gouaille d’un itinérant, dans la dignité d’une vieille chanteuse oubliée, dans les maladresses d’un homme seul qui ose enfin lever les yeux.

Progressivement, ce portrait en mosaïque d’un quartier devient celui de la fragilité humaine… un hommage vibrant à ces présences invisibles qui nous entourent et façonnent nos vies sans bruit.

 

La mémoire des matériaux

Elisabeth Cardin (Leméac)

« Remplaçons le sermon du curé par un atelier de réparation de petits électroménagers ou par des méditations guidées et voyons ce qui se passe. Inondons le parvis de l’église de bons légumes, d’œufs frais, de chandelles à la cire d’abeille et de chaussettes en laine d’alpaga et voyons ce qui se produit. Au fond, le marché artisan est peut-être à l’écologie humaine ce que la messe a déjà été à la religion; une rencontre, un mouvement, une manière de briser la solitude et de retrouver la force du collectif. » Elisabeth Cardin nous invite, par ses réflexions et ses rencontres avec des artisan e s de sa région d’adoption, à retrouver le goût des produits faits localement de matériaux durables. Cet héritage n’est-il pas, après tout, le meilleur moyen de renouer avec notre territoire et d’assurer le futur des prochaines générations?

 

Pour un paquet de Player’s

Daniel Grenier (XYZ)

Grégoire et Murielle viennent d’acheter une maison à Stepford, une petite communauté idyllique des Cantons-de-l’Est où le bonheur conjugal semble contagieux. Avec Murielle enceinte, le couple ne tardera pas à goûter aux joies de la famille. Greg se lie bientôt d’amitié avec un personnage aussi charismatique que mystérieux, Claude, dont l’influence en ville n’est plus à démontrer. C’est par l’entremise de celui-ci et de ses nombreux contacts que Grégoire se sentira à la fois accueilli à bras ouverts par ses nouveaux concitoyens et de plus en plus pointé du doigt. Et ce, pour une raison qui viendra remettre en cause la plupart de ses aprioris au sujet de son couple et de son passé.

 

Pleurer à La Senza

Maxime Desmeules (Moult éditions)

Pleurer à La Senza propose une poésie en prose qui interroge les normes sociales pesant sur les personnes féminisées, la difficulté d’habiter un corps très tôt scruté, contrôlé. Par l’entremise d’une centaine de fragments, l’autrice dévoile une identité façonnée par le regard des autres, expose les conflits intérieurs d’une jeunesse prise entre les injonctions relationnelles et la quête de soi. Il faut entrer dans ce récit de solitude et d’appartenance comme dans l’intimité de la chambre, sans détourner le regard. Ici, la honte, presque personnage, se tient par la main. Les scènes brèves, suspendues, autant de photographies où corps et souffrance s’endorment en cuillère. Pleurer à La Senza renouvèle le coming of age avec force. Entre le refus et la révolte, il y a la violence discrète qu’on s’inflige pour correspondre – le risque de l’effondrement. C’est une écriture d’écouvillon au fond de la gorge qui, contrairement à sa narratrice, ne cherche pas à plaire. C’est peut-être une histoire de guérison. De dérision fragile. Assurément une histoire de rébellion tranquille. Avec une préface de Laïma Abouraja Gérald.

 

Comme les éclipses

Alex Thibodeau (Tête première)

Québec, début des années 2010. C’est l’âge d’or du dubstep, des raves d’Halloween et des shows métal dans le quartier Saint-Roch.

Quand Alice rencontre Rem, tout s’enclenche. Impossible de revenir en arrière. Parce qu’elle est jeune et amoureuse, Alice pardonne les comportements de Rem, de plus en plus malsains.

En parallèle, son emploi de réceptionniste en hôtellerie l’expose à un stress insoupçonné. Alors que son milieu de travail s’avère aussi toxique que sa relation avec Rem, Alice cherche l’échappatoire.

Dans son quotidien, les violences sont comme les éclipses : naturelles, aveuglantes, inévitables.

 

Indienne de ville

Isabelle Picard (Flammarion Québec)
Bonus : découvrez l’autrice en entrevue dans l’émission Question de culture!

On ne dit pas Indienne. On ne le dit plus, sauf parfois entre nous, entre Autochtones. C'est pour ça que je me le permets ici, et parce que c'est comme ça qu'on m'a appelée tant de fois.

Isabelle Picard est née et a grandi au sein de la communauté wendat de Wendake. Par la suite, elle a vécu plusieurs années avec les Mohawks de Kanesatake. Entrelaçant habilement récit et essai, elle raconte ici son histoire. Des moments de vie drôles, tristes ou remplis d'espoir qui l'ont fait grandir, avancer, réagir. De la petite enfance à aujourd'hui, on découvre un être profondément ancré dans sa communauté, qui se questionne, remet les choses en perspective et souhaite plus que tout bâtir des ponts entre les cultures. En prêtant sa voix à celles qui ont été étouffées, Isabelle Picard témoigne avec pudeur des défis passés et actuels des communautés autochtones, de la sienne en particulier. Avec son ton franc, direct et tourné vers l'Autre, elle invite les lectrices et les lecteurs à entrer dans la réalité des Premières Nations du Québec, à voir les choses de l'intérieur, sous un angle nouveau.

 

Au revoir New York

Paul Bordeleau (Nouvelle adresse)
Bonus : lire notre entrevue avec l’auteur

Un artiste dans la cinquantaine a récemment perdu un ami de longue date. Chagriné, et attelé à l’écriture de son prochain livre, il tente de reconstruire les souvenirs disparus d’un voyage étudiant à New York auquel il avait participé avec son ami. Un séjour scolaire, marqué par un accident de la route, qui a laissé quelques séquelles. À travers ce récit de voyage où il fait la rencontre de l'artiste visuel Brad Holland, l’auteur se laissera guider par son double de vingt ans et découvrira peut-être les éléments qui manquent à sa mémoire et qui l’aideront à faire le deuil de cet ami parti trop vite.

Fortement teinté de réalisme magique, ce retour à l’autofiction de Paul Bordeleau aborde autant les thématiques du deuil que l'innocence et les promesses propres à la jeunesse, tout en questionnant les portées du récit autobiographique.

 

Pleurer dans les petits pains à hot-dog

Valérie Boivin (Nouvelle adresse)

Valérie est graphiste chez Mémoire collection, une entreprise de signets et autres accessoires funéraires. Après avoir vu défiler une ribambelle de collègues, elle rêve du jour où elle aussi ira remettre sa démission pour vivre des jours meilleurs. Pleurer dans les petits pains à hot-dog est le récit d’une grande indécise prise entre une carrière d'illustratrice florissante et un boulot alimentaire qu’elle est incapable de quitter. Heureusement, l’autobiographie d’Andre Agassi viendra bouleverser sa vie.

Après Rien de sérieux, Valérie Boivin revient avec un récit grandement autobiographique (ou pas?), parfois critique envers les œuvres d’autofiction, mais en assumant totalement la forme. On y retrouve les hauts et les bas de la vie, sur un ton parfois lyrique et avec un humour qui expose toute l'absurdité du quotidien.

 

Maman Cheval

Mélissa Verreault (XYZ)

Peut-être qu’en vieillissant, on se transforme, jusqu’à ce que notre tête soit remplacée par celle d’un animal... Un matin, Sophie constate que sa mère est affublée d’une tête de cheval. Du haut de six ans, la fillette découvre les tourments du monde des adultes et les étranges métamorphoses qui les guettent. Une fable aux allures de bestiaire où le langage et la résilience des enfants triomphent des épreuves de l’existence.